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Érablière Maurice Jeannotte

200, Chemin de la Savane
St-Marc-sur-Richelieu
Québec, Canada, J0L 2E0
Téléphone : (450) 584-2039
Courriel : info@jeannotte.ca

Érablière Maurice Jeannotte - Mes plus beaux souvenirs du temps des sucres

Le temps des sucres | Horaire et tarifs | Les traditions | Quelques souvenirs | Recettes

Aller à la cabane à sucre était une joie pour tous les enfants. On s'habillait chaudement... plusieurs chandails et plusieurs bas de laine! Il était important de se vêtir ainsi car même si la bouilloire chauffait et que la vapeur nous enveloppait, le sol demeurait glacé et pouvait nous transir rapidement.

On passait une bonne partie de la journée à glisser sur les côtes ou à s'amuser sur des balançoires très rudimentaires que nous faisions avec de vieilles planches placées sur un gros arbre abattu. S'amuser à crier à tue-tête et attendre impatiemment l'écho nous revenir. Nous étions des rois! Les maîtres de la forêt...

Tout nous était permis! On devenait tour à tour des chevaliers aux épées magiques, de grands chefs indiens ou des Esquimaux construisant des igloos.

Combien d'adolescents ont rêvé, assis sur le bord des coulées! Rêver aux amours... à la vie... à l'avenir...

Parfois un petit suisse (écureuil rayé) se faufilait entre les arbres... on restait là sans bouger, espérant qu'il s'approche près de nous. Dès que le soleil baissait, les renards commençaient leur concert tandis que des chevreuils (cerfs de Virginie) trop curieux ou alléchés par le foin destiné aux chevaux, s'approchaient de la cabane.



 

À Pâques, il était de tradition d'aller en famille à la cabane. Dès notre arrivée, on se pressait d'aller chercher notre eau de Pâques dans la petite coulée en bas de la côte. Même si théoriquement, on devait prendre cette eau avant le lever du soleil, on ne s'en préoccupait pas... c'était le rite qui comptait... c'était de faire nos grands, nous aussi.

Pâques était la journée où papa nous fabriquait des cocos de Pâques. Nous, les enfants, devions vider les coquilles d'œufs. Dès que le sucre d'érable était à point, il remplissait chacune de ces coquilles de ce sucre onctueux. Quel plaisir avions-nous à les démouler!

Parfois, l'après-midi, la fatigue nous prenait et nous allions nous étendre sur le banc-lit. Les couvertures étaient d'énormes peaux d'ours. La chaleur de ces peaux et le ronronnement du bois dans la bouilloire nous faisaient partir vers le pays des rêves très rapidement.

À notre réveil, grand-papa Herménégilde nous offrait une trempette. C'était un mélange de pain canadien, d'œufs battus et de réduit. J'en ai encore le goût en tête et l'eau à la bouche! Pendant ce temps, mine de rien, oncle Arthur (qui en fait était notre grand-oncle) ajoutait quelques gouttes de caribou (boisson alcoolisée contenant en partie égale du porto et du whisky blanc) dans son verre de réduit...

Il se mettait alors à nous raconter des histoires plus drôles les unes que les autres quand il ne nous parlait pas de la grâce des belles créatures (femmes) de son jeune temps. Quelquefois, grand-papa et oncle Arthur décidaient de nous apprendre à fabriquer des raquettes ou des fouets (ustensiles faits d'une petite branche de saule dont on retournait les cinq ou sept branchettes et les attachait solidement avec de la corde pour ensuite s’en servir pour battre les œufs). Il y en avait d'ailleurs différents modèles suspendus un peu partout à l'intérieur de la cabane.

On mangeait tout le temps! On se faisait un plaisir de lécher la palette (prendre l'écume qui se forme sur le sirop lors de sa cuisson); de manger des toques (petites boules de tire sur la neige) et de gratter tous les petits morceaux de sucre d'érable qui étaient demeurés dans le chaudron ayant servi à la cuisson ou dans les différents moules pour le sucre. Ces moules étaient d'ailleurs très beaux: il y avait les moules classiques rectangulaires ou carrés d'une livre ou d'une demi-livre, mais il y avait aussi ceux de fantaisie en forme de cœur, de trèfle, de fleur, etc.

Un peu avant la tombée de la nuit, nous retournions à la maison en traîneau tiré par des chevaux. Nous nous laissions bercer au rythme du chemin, entre des bidons de sirop encore chaud. Tout le sucre ingurgité nous faisait sombrer rapidement dans le sommeil et on ne se réveillait bien souvent que le lendemain matin, conscients d'être heureux et d'être aimés.

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